Les kiosques à journaux
Comment le kiosque à journaux octogonal du Second Empire est devenu un objet de la rue parisienne, puis a cédé la place à un…
La réponse courte
La colonne Morris est une colonne d’affichage cylindrique consacrée aux spectacles. Selon la Ville de Paris, le modèle apparaît à Berlin en 1855 grâce à l’imprimeur Ernst Litfaß, puis arrive à Paris grâce à l’imprimeur Gabriel Morris, qui lui laisse son nom. Au milieu des années 1870, 451 colonnes sont en service.

Par Bérénice Lhermitte, rédactrice en chefRelu le
La colonne Morris est un cylindre posé sur le trottoir, couvert d’affiches et coiffé d’un dôme. Elle annonce les spectacles de la ville. La Ville de Paris la range parmi le mobilier urbain conçu par Gabriel Davioud et rappelle qu’on l’appelle aussi « colonne affiche ».
D’après la Ville de Paris, l’idée naît à Berlin en 1855 : l’imprimeur et inventeur Ernst Litfaß y fait apparaître les premières colonnes d’affichage. Elles arrivent à Paris quelques années plus tard grâce à Gabriel Morris, imprimeur spécialisé dans la publicité des spectacles parisiens, pour afficher l’offre culturelle de la ville.
Le nom de l’imprimeur parisien est resté attaché à l’objet. Au milieu des années 1870, toujours selon la Ville, 451 colonnes cylindriques sont en service dans la capitale.
L’affichage n’a pas attendu la colonne Morris pour s’installer sur le trottoir. Le musée Carnavalet conserve une photographie de Charles Marville, prise entre 1858 et 1871, qui montre une vespasienne du boulevard de Sébastopol, dans le Ier arrondissement : un urinoir au pied d’une colonne couverte de publicités. La page sur la vespasienne parisienne raconte cette autre histoire de la rue.
Sur la colonne Morris, l’urinoir a disparu : il ne reste que le fût à affiches et son dôme.
La colonne photographiée en haut de cette page se trouve place Saint-André-des-Arts. On y lit le mot « Spectacles » sur la frise, entre des têtes de lion, sous un dôme à écailles surmonté d’une flèche. Le fût, en dessous, reçoit les affiches.
Ce vocabulaire se retrouve sur les kiosques à journaux anciens : petit dôme, écailles, flèche. Les deux objets appartiennent au même ensemble de mobilier du Second Empire, que la Ville associe au nom de Davioud.
La colonne est née pour les salles de spectacle, et le quartier en compte deux face à face. Sur la place du Châtelet, Davioud a dessiné le théâtre du Châtelet et le Théâtre lyrique, aujourd’hui Théâtre de la Ville. Leur programme se lit sur le site de chaque théâtre.
La colonne sert encore de support culturel. En mars 2021, la Ville de Paris annonce qu’une équipe de neuf artistes réunie par le chanteur Mika habille, pendant quinze jours, les mâts-drapeaux, les colonnes Morris et d’autres espaces d’affichage de la capitale avec des œuvres inédites, « pour raviver la flamme culturelle de Paris ».
Du nom de Gabriel Morris, imprimeur spécialisé dans la publicité des spectacles parisiens, qui a fait venir ces colonnes à Paris selon la Ville de Paris. Le modèle venait de Berlin, où l’imprimeur Ernst Litfaß l’avait lancé en 1855.
Au milieu des années 1870, 451 colonnes cylindriques étaient en service, d’après la Ville de Paris. Les pages officielles que nous avons lues ne donnent pas leur nombre actuel.
Des affiches de spectacles et d’offre culturelle : c’est leur fonction d’origine, rappelée par la Ville. En mars 2021, elles ont aussi accueilli des œuvres de neuf artistes réunis par le chanteur Mika.
Où nous l’avons lu
Photo d’ouverture : GFreihalter, CC BY-SA 4.0
Comment le kiosque à journaux octogonal du Second Empire est devenu un objet de la rue parisienne, puis a cédé la place à un…
L’urinoir public parisien, de la colonne du préfet Rambuteau à la dernière vespasienne du boulevard Arago.
Le bâtiment du théâtre du Châtelet, de son ouverture en 1862 aux grandes heures de la féerie, de Jules Verne et des Ballets russes.