La fontaine des Innocents
Bâtie pour l’entrée d’Henri II dans Paris, sauvée deux fois de la démolition, la fontaine des Innocents a retrouvé son eau en 2024.
La réponse courte
Le cimetière des Innocents était le plus important de Paris, du début du Moyen Âge à la Révolution. Il occupait l’emplacement de l’actuelle place Joachim-du-Bellay, aux Halles. Plus d’un million de Parisiens y ont été enterrés. Fermé en 1780, il a été vidé à partir de 1786 vers les carrières devenues les catacombes.

Par Corentin Mazelier, rédacteurRelu le
Sous la place Joachim-du-Bellay s’étendait le cimetière des Innocents, le plus grand de Paris pendant des siècles. On y enterrait les morts de dix-sept paroisses, d’une partie de l’Hôtel-Dieu et les corps non identifiés trouvés dans la ville. Rien n’en reste debout ; seuls le tracé des rues voisines et la fontaine rappellent sa place.
La Bibliothèque historique de la Ville de Paris situe le cimetière à l’angle de la rue Saint-Denis et de la rue Saint-Honoré. Le plus ancien texte qui le mentionne fait état de sa clôture en 1187, sur ordre de Philippe Auguste. En 1973, pendant les travaux des Halles, la découverte d’une trentaine de sarcophages mérovingiens en plâtre décorés confirme une origine du haut Moyen Âge.
L’enclos forme un quadrilatère d’environ 100 sur 60 m, limité par les rues Saint-Denis à l’est, aux Fers au nord, des Lingères à l’ouest et de la Ferronnerie au sud. À l’angle nord-est, l’église des Saints-Innocents, élevée au XIIe siècle, occupe presque un quart de l’espace.
Les défunts sont le plus souvent inhumés dans un simple linceul, dans des fosses communes profondes de cinq à six mètres. Le fossoyeur, nommé par le chapitre de Saint-Germain-l’Auxerrois, ouvre et ferme les cinq portes et tient les registres.
Dès le début du XIVe siècle, faute de place, on aménage dans les combles des galeries qui entourent le cimetière des charniers où sèchent les ossements : le grand charnier au nord, celui de la Vierge à l’est, celui des Lingères au sud, celui des Écrivains à l’ouest.
De la Toussaint 1424 au printemps 1425, une danse macabre est peinte sur dix arcades du mur sud. La BHVP la présente comme la plus ancienne d’Europe : trente couples, chacun formé d’un mort entraînant un vivant, du pape au laboureur. L’imprimeur Guy Marchant en publie le texte en 1485. Le cimetière portait aussi des centaines d’épitaphes ; l’épitaphier publié en 1989 en recense 537, dont celle de Nicolas Flamel.
| Date | Étape lue dans les sources |
|---|---|
| 1765 | Le Parlement interdit d’inhumer dans les cimetières de la ville |
| 1780 | Les caves de la rue des Lingères cèdent sous le poids des corps |
| 1er décembre 1780 | Fermeture définitive par le Parlement |
| 9 novembre 1785 | Arrêt du Conseil du roi : l’emplacement devient un marché |
| 1786 à 1787 | Convois de nuit vers les carrières de la Tombe-Issoire |
Le 7 avril 1786, une carrière de la Tombe-Issoire est bénite comme ossuaire. Pendant quinze mois, des convois nocturnes y portent les restes : c’est l’origine des catacombes de Paris, selon la BHVP. La Ville de Paris situe le transfert en 1786. L’église est démolie et la place accueille le marché, puis les pavillons Baltard des Halles au siècle suivant.
La fontaine, autrefois voisine de l’église, a été déplacée au centre de l’ancien enclos. Les rues Saint-Denis et de la Ferronnerie, qui bordaient le cimetière, existent toujours. Pour poursuivre, la rue Saint-Denis à Paris longeait le côté est du cimetière.
À l’emplacement de l’actuelle place Joachim-du-Bellay, aux Halles, dans le Ier arrondissement, entre les rues Saint-Denis, Berger et de la Ferronnerie.
Il était saturé. En 1780, les caves de la rue des Lingères ont cédé sous le poids des corps, et le Parlement l’a fermé le 1er décembre 1780.
Ils ont été transportés à partir de 1786 dans les anciennes carrières du sud de Paris, devenues les catacombes, selon la Ville de Paris et la BHVP.
Où nous l’avons lu
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