Les kiosques à journaux
Comment le kiosque à journaux octogonal du Second Empire est devenu un objet de la rue parisienne, puis a cédé la place à un…
La réponse courte
Un réverbère est une lanterne munie d’un miroir qui renvoie la lumière vers la rue. À Paris, la lanterne à réverbère est mise au point en 1744 par Bourgeois de Châteaublanc et remplace peu à peu les lanternes à chandelle. Le gaz puis l’électricité ont suivi ; les dernières lanternes à gaz sont déposées en 1962.

Par Bérénice Lhermitte, rédactrice en chefRelu le
Le Dictionnaire de l’Académie française date le mot réverbère du XVIe siècle. Il vient du verbe réverbérer et désigne d’abord un dispositif qui renvoie la chaleur ou la lumière. Par métonymie, il nomme ensuite la lanterne équipée d’un miroir réfléchissant qui sert à l’éclairage de la voie publique. Le mot a survécu aux techniques : l’Académie cite les réverbères à quinquet, à gaz, et le réverbère électrique.
L’histoire de l’éclairage parisien commence ici. D’après un dossier historique publié par la Ville de Paris, une ordonnance de janvier 1318 demande au greffier du Châtelet d’entretenir une chandelle la nuit devant la porte du tribunal et de sa prison, là où s’étend aujourd’hui la place du Châtelet. Les deux seuls autres points de lumière officiels sont alors la lanterne des morts du cimetière des Innocents disparu et le fanal de la tour de Nesle.
L’ordonnance du 2 septembre 1667 instaure un éclairage public couvrant la plupart des rues. Le lieutenant général de police Nicolas de La Reynie fait poser des lanternes à bougies, allumées du 1er novembre au 1er mars. Un inventaire dressé quelques mois plus tard recense 2 736 lanternes et 912 rues éclairées.
En 1744, l’ingénieur Dominique-François Bourgeois, dit Bourgeois de Châteaublanc, met au point la lanterne à réverbère : une mèche de coton plonge dans de l’huile de tripes, sous un réflecteur argenté qui renvoie la lumière vers le sol. Faute de trottoirs, ces lanternes sont suspendues au-dessus des rues ou accrochées à des potences tous les 50 mètres. Entre 1745 et 1769, elles remplacent les anciennes lanternes ; à la veille de la Révolution, Paris compte 5 694 réverbères.
Le gaz arrive en 1829 : la municipalité met en service quatre appareils place du Carrousel et douze autres dans la rue de Rivoli. À partir de 1839, les becs de gaz évincent les becs à huile. En 1857, l’éclairage des Grands Boulevards consacre le gaz.
Les premiers candélabres apparaissent en 1830. Après des accidents dus à des mâts de mauvaise qualité, les fabricants doivent les fournir en fonte. Le candélabre photographié par Charles Marville rue de Rivoli, devant la caserne Lobau, en donne une idée : le musée Carnavalet le décrit comme un « candélabre en fonte supportant cinq lanternes rondes, avec un socle en pierre », photographié entre 1858 et 1871.
Le 31 mai 1878, trente-deux globes électriques s’allument avenue de l’Opéra. La lampe à incandescence, en 1879, ouvre vraiment l’ère électrique, avec des essais aux Halles la même année. En décembre 1889, la première usine municipale d’électricité est construite dans le sous-sol des Halles, et la Ville continue d’y exploiter son propre réseau de quartier après 1908.
Le gaz recule lentement : la place de la Concorde reste éclairée au gaz jusqu’en 1946, et les dernières lanternes à gaz de Paris sont déposées en 1962.
| Année | Étape, d’après la Ville de Paris |
|---|---|
| 1318 | Chandelle de nuit devant la porte du Châtelet |
| 1667 | Ordonnance de Louis XIV : lanternes à bougies dans la plupart des rues |
| 1744 | Lanterne à réverbère de Bourgeois de Châteaublanc |
| 1829 | Premiers appareils au gaz, place du Carrousel et rue de Rivoli |
| 1889 | Première usine municipale d’électricité, sous les Halles |
| 1962 | Dépose des dernières lanternes à gaz |
Les candélabres de fonte ont pour voisin le kiosque à journaux parisien, dont le modèle octogonal date de 1859, deux ans après l’éclairage au gaz des Grands Boulevards.
Au sens strict, le réverbère est une lanterne équipée d’un miroir réfléchissant, selon le Dictionnaire de l’Académie française. Le mot s’emploie aussi, par extension, pour l’éclairage électrique des rues : l’Académie cite le « réverbère électrique ».
L’allumeur de réverbères. L’Académie française cite ce métier à travers le personnage du « Petit Prince » de Saint-Exupéry. Au temps du gaz, il travaillait avec une perche et une échelle, comme le rappelle le titre d’une étude de l’historien Jean-Pierre Williot.
Les essais commencent en 1878 avenue de l’Opéra. La première usine municipale d’électricité est construite sous les Halles en décembre 1889, mais le gaz éclaire encore certaines rues jusqu’en 1962.
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